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Flemish Brabant
Gaasbeek, un château-fortissimo... historique

Updated : 24-07-2009

NAME Castle of Gaasbeek
PLACE 1750 Gaasbeek (Lennik)
INITIAL FAMILY Godefroid de Louvain
CONSTRUCTION From the 15th to the 17th centuries, then in the 19th century
STYLE Renaissance and Flemish baroque
ARCHITECT Charle-Albert (1897-1898)
CURRENT RESIDENTS The Belgian State
USE History museum
PROTECTION STATUS Protected on 12 June 1998
WEBSITE www.kasteelvangaasbeek.be
Château de Gaesbeek
Par la volonté d’une délicieuse marquise, la terrasse est devenue un lieu d’agrément. Les boulets sont de buis et on ne tire plus au canon.
Château de Gaesbeek
Imprenable ! Gaesbeek est désormais ceinturé de vagues de talus. Quand il y avait de l’eau ici et plus bas encore, c’était pour résister aux vagues des assaillants.
Un domaine sauvé par des aristocrates italiens.


À moins de 15 km du centre-ville de Bruxelles, non loin de l’hôpital Erasme, le puissant château de Gaesbeek veille avec ses trois tours d’angle et son châtelet d’entrée. La Flandre et le Hainaut qui ne sont pas loin imposèrent au fils de Henri Ier, duc de Brabant, connu sous le nom de Godefroid de Louvain, de construire en ces lieux une maison forte comme les Hennuyers l’avaient fait aussi à Ecaussines. Nous sommes vers 1230-1240. Sous le contrôle des ducs, le château et ses villages sont laissés à la garde de la puissante famille d’Abcoude à partir de 1353. Par le mariage de Sweder avec Marie de Walcourt, les d’Abcoude furent seigneurs de Houdeng. Des conflits territoriaux très complexes amenèrent à une demi-lieue d’ici, soit à Groenenberg, le preux échevin de Bruxelles Evrard T’Serclaes. Il y fut assassiné le 26 mars 1388 par les hommes de Guillaume de Clèves, fils bâtard de Zegher d’Abcoude. Mis au siège par les Bruxellois pendant cinq semaines, le château se rendit et fut illico réduit en cendres par les armées placées sous les ordres de l’amman de Bruxelles Nicolas d’Ursene (ou d’Ursel) et du sénéchal Jean de Wittem.

 

 

Egmont et Hornes

 

Le 21 janvier 1434 que Jacques d’Abcoude, seigneur de Putten, Stryen, Braine-le-Château, Haut-Ittre, etc..., époux de Jeanne de Ligne, fille de Jean II et d’Eustachie de Barbençon, se décida à vendre ses terres. Jacques était conseiller et chambellan du duc de Brabant. Une autre source affirme qu’il s’est agi d’un don de Jacques à un neveu, à savoir Jean de Hornes (de Houtkerke). Celui-ci mit des fonds pour reconstruire en partie le château et la terre sera érigée en 1488 en baronnie. Restauré ou agrandi à nouveau entre 1543 et 1559 par d’autres Hornes, le domaine sera vendu en 1565 contre 210.050 carolus d’or à Lamoral d’Egmont qui n’en profita guère puisqu’il fut décapité en 1568 à la Grand-Place de Bruxelles. On se souviendra que Oydonck et ses 17 villages ont été vendus contre 95.100 carolus d’or en 1592; voilà qui situe l’importance patrimoniale et politique de Gaesbeek. Notons encore que les Hornes de Houtkerke se sont éteints dans les Thurn und Tassis. C’est en faveur des Tour & Tassis que Braine-le-Château fut érigé en principauté. Vers 1615, on vit Sabine de Hornes céder des droits seigneuriaux à René de Renesse, comte de Warfusée. Renesse était l’époux d’Albertine d’Egmont sans doute héritière du château. Renesse se défit de son château de Dourbes au profit de Guillaume de Louvrex pour exécuter ses emplettes brabançonnes avant d’accomplir ses basses-œuvres en faveur du Saint-Empire germanique. Il est aussi le constructeur de la très belle chapelle baroque (1625) dédiée à sainte Gertrude, que l’on voit dans le parc. Il se dit que les jeunes filles en quête de mari devaient y venir prier et y attacher un de leurs bas au judas. Cela leur assurait un époux dans l’année.

Un dîner sanglant

 

Mais le comte de Warfusée ne joua pas qu’un rôle à Gaesbeek. En effet, il n’est autre que le commanditaire de l’assassinat du bourgmestre de Liège Sébastien Laruelle qu’il fit occire en sa maison de Liège, place Xavier-Neujean, le jeudi 16 avril 1637 après Pâques, lors d’un dîner. M. de Renesse, comte de Warfusée, fut lui-même écharpé et lynché deux jours après l’exécution de Laruelle par le peuple de Liège. Le château de Gaesbeek, sans doute hérité par une des filles du comte de Warfusée, brûla en 1684.
En 1687, le gigantesque territoire des Renesse fut cédé en vente publique en quatre lots. Les acheteurs seront Jean-Paul L’Escornet (qui reprit Gaesbeek...), Jean-Charles Roose (Coloma), Jacques Fariaux (OLV-Lombeek et Strytem) et Louis-Alexandre Schockart (Itterbeek, Dilbeek, SM-Bodegem et Walcourt). En 1695, Schockart qui avait été fait comte de Tirimont le 31 mars 1690, racheta le premier lot, soit Gaesbeek, alors que le château venait d’être bombardé par les soldats du maréchal de Villeroy. C’est à ce moment que la demeure perdit en partie son aspect de cour fermée; en 1714, le fils Schockart fit abattre ce qui restait de l’aile sud. C’est aussi le fils Tirimont qui acheta le château de Boetfort à Melsbroeck et qui releva Aigremont.

 

 

Sauvetage italien

 

En 1796, suite au mariage d’Henriette Schokart de Tirimont avec Paul, marquis Arconati-Visconti, maire de Bruxelles, le bien entra dans cette famille du Nord de l’Italie, chassée de ses terres par les Autrichiens.

Enrichis sous le premier Empire, les Arconati sauvèrent le domaine parce qu’ils en héritèrent, tout comme de l’hôtel ING, place Royale à Bruxelles (vous aurez remarqué le romantisme de l’appellation) et de la Maison du Roi sur la Grand-Place, toujours à Bruxelles. À Gaesbeek, la marquise Marie (depuis 1873 mais veuve dès 1876) restaura ce qui devait l’être. Les travaux eurent lieu entre 1887 et 1898, avec l’appui de l’architecte Charle-Albert, dont le château personnel érigé en 1869 croupit à Boitsfort depuis des lustres. Charle-Albert était à en croire Carlo Bronne, fils d’une lavandière de Schaerbeek et d’un soldat du Premier Empire.

 

 

Égérie anticléricale 

 

En 1921, Marie Peyrat (1840-1923), épouse du marquis Giammartino Arconati-Visconti, dont la famille possédait la superbe villa Balbianello, à Lenno près de Côme, décida d’offrir son domaine de 40 hectares à l’Etat belge. Marie Peyrat était très proche de Gambetta et soutint toute l’intelligentsia française de la IIIe république. Il faut dire qu’elle était la fille d’un journaliste de gauche qui fut quand même vice-président de l’Assemblée nationale française. Elle était une sorte de princesse Mathilde (Bonaparte) du Payotenland et son père avait pour amis Clémenceau, Louis Blanc, Edgard Quinet et Louis Ampère. Depuis 1924, le château est devenu un musée d’une grande richesse historique à visiter en toute priorité. Le parc est lui aussi admirable. On y cultive le raisin (chardonnet) et mille belles plantes.

 


Visites très souhaitées. Tél. 02 5324372 (+32 2 5324372) au château ou à l’Office du Tourisme 02 3764436 (+32 2 3764436).
Lire : Carlo Bronne, Le Soir, 9 octobre 1980

Château de Gaasbeek
Catalogue Officiel des Timbres-Poste n°2268, série Solidarité-Les châteaux, 17 octobre 1987, dessins: Oscar Bonnevalle, gravure: Jean de Vos (Collection AdB)