Après la paix de Munster qui déclara Grimbergen aux mains des héritiers du Taciturne, le château fut la proie de conflits juridiques entre cousins, dont le roi Guillaume III d’Angleterre et le roi de Prusse Frédéric Ier. Le 23 août 1706, la seigneurie était relevée par Amélie de Nassau, duchesse de Saxe, pour son fils Jean de Nassau, futur époux de Marie-Louise de Hesse.
Le fils de ces derniers, Guillaume-Friso épousa Anne d’Angleterre et céda la baronnie de Grimbergen à Maximilienne d’Ongnies, comtesse de Coupigny, dame de Pamele, baronne de Blaesveldt, princesse de Bergues qui en possédait la moitié, parce que héritière de l’autre branche des Berthout, issue de Arnoud, précité. L’oncle de Maximilienne n’était autre que le prince-évêque de Liège Georges-Louis de Bergues, en fonction de 1724 à 1743. Maximilienne héritait de sa tante, Marie-Honorine épouse du comte Louis-Joseph d’Albert de Luynes. Sous les Luynes, le parc d’une extraordinaire beauté fut gravé. En 1753, Madame s’unit à son cousin Ferdinand de Croÿ, mais ils s’en allèrent sans enfant. Le bien passa au cousin de Maximilienne, Othon-Henri d’Ongnies, comte de Mastaing, par sa mère née Jauche de Mastaing (
Kruishoutem) et de Mersicourt, vicomte de Castiau. Petit-fils Merode, marié à une Merode, il vit sa fille unique épouser un Merode, Guillaume, prince de Rubempré et d’
Everberg, marquis de Westerloo. Ces derniers gardèrent Grimbergen en le soignant aux petits oignons jusqu’à l’incendie de septembre 1944 qui mit fin à la viabilité du château mais jamais à sa gloire. Hérité par Jeanne de Merode (édificatrice du château neuf de
Westerlo), Grimbergen fut recueilli par les comtes de Hemricourt de Grunne (
Beersel), dont Colette, propriétaire de
Horst. Les Grunne auraient alors donné le site à la commune. D’après Georges Martin en 1999, le domaine en ruine fut repris par Charles de Merode (1887-1977). Sa veuve, Marguerite de Laguiche, fille du marquis Pierre et de S.A.S. la princesse Alix d’Arenberg, vendit le domaine à la commune en 1978.
Le château est posé sur une île. Il est organisé autour d’une cour rectangulaire jadis en U mais tout le corps droit composé de quatre éléments plus la chapelle a disparu. Il reste l’aile gauche et ses deux tours. La première, irrégulière est animée d’un pont levis à crémaillières. Une aile de quatre travées mène aux restes d’une tour circulaire qui se délite. Le surplus est indescriptible. Grimbergen est en pire le
Havré des Flamands. Voilà une misère à faire honte.
Visite extérieure possible dans un parc public sans reflet et mal tenu.