Près d’Ohain, se trouve Couture-Saint-Germain. Le village possède une ancienne abbaye. Le nom d’Aywiers est, pour ce lieu plein de charme, la transformation du village des Awirs, situé près de Liège. Là fut créée une abbaye de femmes, vers 1195. Elles furent cisterciennes et dépendantes de l’abbaye d’Aulne. Dès 1215, ces dames quittèrent le pays mosan et implantèrent leur communauté dans cette contrée vallonnée du Brabant.
L’abbaye possède une sainte, Lutgarde, liégeoise, native de Tongres en 1182 et décédée à Aywiers en 1246. Couture est traversée par la Lasne dont l’eau clapote gentiment sans jamais tempêter. L’histoire de ces lieux est chargée de destructions et de reconstructions. Pourtant, depuis 200 ans et la sécularisation des bâtiments religieux, le site vit dans un calme relatif; à condition de ne pas tenir compte du démantèlement d’une grande partie des constructions - récentes pour l’époque -, dont l’église. Aywiers fut carrière!
En effet, des pillages inexpliqués eurent lieu entre 1489 et 1490. On releva les bâtisses entre 1545 et 1565, mais c’était pour mieux les détruire sous les guerres de religion. Du XVIe siècle, il ne reste qu’une paire de colonnes datées 1567. Comme à Villers-la-Ville ou à Orval, l’abbesse crut bon de moderniser son abbaye au milieu du XVIIIe siècle.
Survinrent alors la Révolution française et la sécularisation du domaine. En 1796, les biens passèrent au citoyen parisien Pommier. En 1798, le sus-dit vendit le lot au sieur Thomas Gillet dont les deux filles obtinrent de ce beau lieu une jolie somme.
Il passa ensuite à Louis le Hardÿ de Beaulieu. C’était en 1837. Ce personnage, tenté par les rêves américains, lâcha les restes de l’abbaye en 1849 au profit de Fr.-P. Meeûs. De 1853 à 1865, le domaine changea quatre fois de mains. Il arriva alors à Maximilien Williame et est depuis resté via une de ses petites-nièces née Dansaert, dans la descendance des Limauge. Ceux-ci le conservent au bouton, ouvrant leur parc, clos partiellement de murs, deux fois l’an, aux amateurs de plantes. Le château s’élève en un double corps et en T. Il est enduit. Le prieur y résidait jadis. La rigueur de ses lignes constructives et le dépouillement de ses décors limités aux chaînages d’angles harpés ont été accentués au début du XIXe siècle. L’élévation date de l’époque Louis XV, comme l’indique la pierre aux armes de l’abbé Placide Buisseret, datée 1738. Il s’agit d’une maison de briques et de pierres bleues, composée de sept travées dont une pour la porte d’entrée, monte sur deux niveaux. L’étage supérieur est placé sous une bâtière d’ardoises à coyau, animée de trois lucarnes à croupettes. Les baies comportent des linteaux droits rajoutés par les Gillet. La tour de droite, l’aile d’un niveau sous sa toiture mansardée et l’avancée centrale inscrite à l’arrière datent aussi du temps des Gillet. La dépendance de gauche, à l’usage proche du patio, date du début du XXe notre siècle. Le domaine possède encore de nombreuses dépendances, mais pas la brasserie, datée 1737, où résident la baronne Eric de Mévius et sa famille.
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