Pietersheim demeure un château symbolique pour une de nos plus illustres familles: les Merode. Cet endroit fut leur deuxième porte d’entrée vers notre pays. Ils venaient du Saint-Empire romain germanique d’où ils tirent leur origine et s’établirent pour partie vers le duché de Brabant puis la principauté de Liège, le Hainaut et le Luxembourg. La famille Merode nous vient de Kerpen sur Erft près de Cologne. De cette origine rhénane, s’explique l’absence de é à leur patronyme.
Les rares écrits concernant la seigneurie qui nous occupe évoquent bien sûr les sires de Petershem déjà signalés en 1281 comme le publia de Raadt (Les Sceaux armoriés; 1897). Le domaine ancien était d’une étendue presque équivalente à l’actuelle commune de Lanaken et ses divers villages ou hameaux. Les Petershem étaient par ailleurs seigneurs de Stevensweerdt, Obbicht, Steyn, Hilvarenbeek,
Leefdael, Oirschot et Spalbeke. Les Merode qui avaient étendu leurs domaines vers le duché de Juliers à Frentz, acquirent le château d’Andrimont en 1339, comme l’indique L. de Herckenrode en 1845. Georges Martin en 1999 cite la date de 1329 pour cet achat. Celui de Pietersheim leur vint du mariage de Richard, baron de Merode, comte d’Oelen, avoué de Duffel, seigneur de Frentz et de Westerlo (hérité de sa mère Marguerite de Wesemael) avec Béatrice de Petershem. Jusqu’en 1971, le château appartint aux Merode. Richard mourut en 1446. Son épouse le suivit en 1455. Ils eurent sept enfants. Leur fille Marguerite, décédée en 1521, épousa Guillaume de
Hamal, seigneur d’Elderen, fils d’Arnould et d’Anne de
Trazegnies. Leur fils Jean, mort en 1485, fit un mariage sublime avec Aleyde de Hornes, dame de Geel et de Diepenbeek, fille de Jean, baron de Perwez en Brabant. De là vinrent et à travers les Melun leur cousinage avec les Ligne. Leur autre fils Richard fut uni tout aussi intelligemment à Marguerite de Houffalize, ce qui conduit vers les
Argenteau (Fologne) et bien d’autres familles.